Un poème de Clementia : Passion

Publié le par Theodora

Passion

 

(illustration : Rétable d'Issenheim de Matthias Grünewald)

 

 

Au Golgotha, où sur la croix Tu agonises,

Je Te vois, mon Seigneur, sur cette terre grise.

Tous ceux qui Te suivaient, où sont-ils maintenant ?

Ils T’ont abandonné, mon désespoir est grand.

Sous les moqueries, les insultes et les coups,

On T’a cloué, Seigneur, sans briser tes genoux.

Tes mots étaient pour nous du soleil et du miel,

Tu ne reçois que quolibets, vinaigre et fiel ;

Des corbeaux, des vautours sinistres, tournoyant,

Remplacent des abeilles le butinement.

Ton sacrifice fait de Toi notre avocat

Et le diable espère que Tu renonceras

Mais alors que Tu pousses Ton dernier soupir

Il y a un signe : le rideau se déchire,

Et la coupe de nos larmes amères

Préfigure le calice de ton sang salvateur.

 

Sur cette terre grise il ne nous reste plus

Qu’à Te dire merci, attendant la venue

Du messager, roulant la pierre du tombeau,

Disant Ta victoire sur l’horreur de la mort.

Ainsi nous pourrons dire, encore et encore,

Que ton sacrifice est pour nous le cadeau

Qui nous donne la vie, qui nous remet debout.

Oui, gloire à Toi, Seigneur, vraiment merci pour tout !

 

 

© Clementia

5 avril 2005 – 1er février 2006

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